
Portrait de porteur du projet : Le Rectorat de l’Académie de Rouen
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En s’engageant comme membre du partenariat de développement du projet LUCIDE en 2005, le Rectorat a fait de l’Académie de Rouen l’un des champs d’expérimentation clé du projet LUCIDE, plaçant ainsi notre académie à l’avant-garde sur le sujet des discriminations au niveau national. Jean-Jacques Pollet, Recteur de l’Académie de Rouen, nous parle de l’Education de façon LUCIDE. 1 – Le Rectorat de l’Académie de Rouen participe au projet LUCIDE depuis trois ans. Dans quelle mesure la lutte contre les discriminations fait-elle partie des missions de l’Education Nationale ?
Les discriminations ne sont pas une problématique exclusive de l’Education Nationale. Mais l’Education Nationale a une sorte de responsabilité particulière puisqu’elle est dépositaire, pas seulement de l’instruction, mais de l’éducation et en particulier de l’éducation à la citoyenneté. Par conséquent, à partir du moment où elle porte l’idéal humaniste, universel et égalitaire, le fait qu’existe au sein même de l’Education Nationale une empirie discriminatoire constitue une remise en cause de sa propre identité. La lutte contre les discriminations constitue par conséquent au sein de l'Éducation un enjeu beaucoup plus déterminant que dans tout autre domaine de la vie quotidienne, qu’il s’agisse du logement, de l’emploi. 2- Le diagnostic réalisé dans le cadre du projet LUCIDE Education a mis en évidence des risques discriminatoires et identifié différents types de discriminations au sein de l’Education Nationale. Que pensez-vous de cette analyse ? L’effet premier de LUCIDE, c’est son opération de lucidité ! L’Education Nationale, parfois un peu trop sûre d’elle à travers certains discours, ne peut s'exonérer d'une auto-analyse. La circulaire de préparation de la rentrée 2008, à travers laquelle le Ministère définit dix grandes orientations prioritaires, traduit d’ailleurs une réelle volonté de faire évoluer les comportements. Car pour la première fois, ce document fait explicitement mention de la lutte contre toutes les violences et toutes les discriminations, notamment l’homophobie. 3- Y a-t-il, en matière de lutte contre les discriminations à l’école, des axes de travail prioritaires pour l’Académie de Rouen, à travers l’action de sa Délégation académique à l’égalité des chances (DALEC) ou de ses autres services ? Quand je regarde les statistiques nationales, je constate que nous figurons dans les dernières positions en ce qui concerne l’orientation des filles vers les classes de terminales scientifiques. Or, les chiffres montrent que les filles obtiennent globalement de meilleurs résultats scolaires. De fait, en envoyant davantage de garçons vers les filières dites "nobles", nous participons d’une politique de discrimination à l’endroit des filles. Certes, le système éducatif ne porte pas seul cette responsabilité et nous ne voulons pas supporter tous les maux, mais cela montre qu’aucun établissement ne peut s’affranchir de cette problématique, même si elle se pose en des termes à chaque fois différents. Donc, oui, je suis preneur de toute démarche qui nous verrait ne plus occuper le fond de la classe sur ce sujet en particulier. 4- Comment cette lutte contre les discriminations peut-elle s’organiser au sein des établissements scolaires ? Il ne peut en la matière y avoir de directives précises car le contexte n’est pas le même dans tous les établissements. Néanmoins, j’insisterai lors de la réunion de rentrée avec les responsables d’établissement sur le point n°9 de la circulaire de préparation de la rentrée 2008. J’inviterai donc les établissements qui auront observé, diagnostiqué des pratiques discriminatoires à inscrire des actions dans le cadre de leur projet d’établissement – qui porte sur 3 ans - pour faire évoluer les comportements. Il est en particulier essentiel que les CESC, Comités d’éducation à la santé et à la citoyenneté, s’emparent de ce sujet. 5- Quelle place les actions et les outils réalisés dans le cadre du projet LUCIDE Education peuvent-ils trouver dans cette optique? Il ne faut pas que les outils conçus dans le cadre de LUCIDE restent dans des tiroirs ! La communauté éducative doit s’en emparer pour les expérimenter dans les établissements en particulier via les projets vie scolaire. Nous pouvons par exemple imaginer voir s’installer une réflexion sur les discriminations dans l’élaboration du règlement intérieur. Les actions prévues à l’automne (formation, journée académique) viendront alimenter ces réflexions. Les discriminations au programme de la Rentrée scolaire 2008 La circulaire de préparation de la rentrée scolaire 2008, n° 2008-042 du 4 avril 2008, adressée aux rectrices et recteurs d’académie, aux inspectrices et inspecteurs d’académie, directrices et directeurs des services départementaux de l’Education nationale, est structurée autour de dix grandes orientations prioritaires. « Lutter contre toutes les violences et toutes les discriminations, notamment l’homophobie », figure au point n°9. Une première dans ce document. En voici le texte. « L’école doit offrir à tous les enfants des chances égales et une intégration réussie dans la société. Sa mission est donc aussi de promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes, de permettre une prise de conscience des discriminations, de faire disparaître les préjugés, de changer les mentalités et les pratiques. Au sein des établissements, une importance particulière devra être accordée aux actions visant à prévenir les atteintes à l’intégrité physique et à la dignité de la personne : violences racistes et antisémites, violences envers les filles, violences à caractère sexuel, notamment l’homophobie. Par tous les moyens, prévention et sanction, la lutte contre la violence dans et autour des établissements demeure une priorité absolue. » |



















JOURNAL LUCIDE N°3
